LES LYCÉES FRANÇAIS D’ESPAGNE ET LA CRISE DU COVID19 : POINT DE SITUATION

Le 3 mai 2020.

Depuis près de deux mois, les enseignants des lycée français d’Espagne, comme dans la quasi-totalité du réseau, sont engagés dans la mise en œuvre de la « continuité pédagogique ». Pour l’ensemble du réseau mondial, le SNES se félicite de l’élan de solidarité lancé dans cette crise sanitaire internationale et tient à remercier l’ensemble de nos collègues mobilisés et ayant contribué à la réussite de cette grande opération qui démontre une fois de plus leur engagement et leur professionnalisme, et aussi la nécessité de concilier continuité du service public, protection des agents et respect de leurs droits. Nous rappelons de nouveau l’importance du service public et le rôle central, dans la gestion de cette crise mondiale, de l’opérateur public AEFE que nous défendons depuis des années !

1.     Avenir du réseau AEFE et des emplois

Pour faire face aux conséquences économiques de la crise, le Ministre des Affaires étrangères s’est engagé à apporter une aide exceptionnelle au réseau AEFE. Il s’agit d’aider les familles françaises/binationales, mais aussi les établissements, qui pourront mettre des mesures en place pour les familles non françaises en difficulté.

Le SNES est vigilant et rappelle l’engagement du Ministre de ne pas faire de différence entre les détachés/titulaires et les personnels de droit local. Le Ministre a clairement confirmé que les salaires des recrutés locaux continueraient à être versé dans leur totalité. Bien sûr, pour nous, la situation des structures et des personnels demeure la priorité à défendre, pour garantir les emplois bien sûr, mais aussi l’avenir du réseau d’enseignement français à l’étranger !

Plan d’urgence du gouvernement français

Le 30 avril, dans le cadre du soutien aux Français de l’étranger, une enveloppe de 220 millions € d’aides a été dégagée dont 50 millions pour les bourses et 100 millions (sous forme d’avance de France Trésor) pour tous les établissements du réseau des établissements français quel que soit leur statut (EGD, conventionnés et partenaires). L’AEFE assurera la gestion de ces aides. Bien évidemment, nous disposons à ce jour d’aucune information précise concernant la mise en œuvre de ce plan, ni de son financement réel d’ailleurs, puisque les 100 millions € ne sont qu’un prêt à l’AEFE. Concernant les bourses scolaires, au titre de cette année scolaire, la quotité octroyée aux familles déjà boursières peut être réévaluée et les familles qui n’entraient pas dans le dispositif pourraient y prétendre au regard de leurs difficultés actuelles. Au titre de l’année prochaine, la campagne est en cours et a même été rouverte dans les pays où la date limite avait déjà expiré.

Ce que l’AEFE et ses établissements mettent en place très rapidement, c’est l’aide aux familles fragilisées par la crise, et pas seulement les familles françaises : étalements, aides directes, abondement des fonds de solidarité… C’est bien sûr indispensable !

 

2.     Réouverture des établissements, retour des personnels et des enfants à l’école ? Qui ? Quand ? Dans quelles conditions ?

Après les annonces de Pedro Sánchez, il est à peu près exclu que des cours en présentiel puissent reprendre avant septembre dans les établissements AEFE d’Espagne.

De toute manière, même en septembre, toute réouverture d’un établissement du réseau devra respecter scrupuleusement les règles fixées par les autorités du pays, mais si celles-ci sont des conditions nécessaires à la réouverture, elles ne sont pas des conditions suffisantes : les étapes de la procédure fixée par l’AEFE en lien avec le Ministère des Affaires étrangères et le poste diplomatique devront elles aussi être suivies scrupuleusement, et parmi ces étapes, la consultation des instances de l’établissement (d’abord CHSCT, puis le conseil d’école pour le 1er degré et le conseil pédagogique dans le 2nd degré, et enfin le Conseil d’établissement) sera fondamentale. Cela sera suivi de près par les représentants du SNES.

L’AEFE et les organisations syndicales ont préparé des “fiches réouverture” jointe au dernier Vade-mecum envoyé aux chefs d’établissements. Tout le monde s’accorde sur la philosophie qui doit prévaloir à la réouverture d’un établissement français à l’étranger : la sécurité de tous doit primer, la nécessaire concertation s’opère notamment dans le cadre des instances, le processus doit respecter le cadre défini tout en faisant œuvre de pragmatisme. 

Présentiel et distanciel en même temps

Le SNES émet de sérieuses réserves sur la simultanéité des deux dispositifs. Se pose la question de la situation administrative du collègue concerné : est-il en présentiel ou en autorisation d’absence avec télétravail ? Quid de l’emploi du temps pour articuler les deux ? Quid de la prise en compte de la surcharge de travail ?

Pour le DRH de l’AEFE, la question de la situation administrative n’est pas simple mais en tout état de cause, les personnels seront couverts en cas d’accident de service. On veillera aux autres aspects. Le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a confirmé qu’un protocole a été diffusé le 1er mai, qui dit :

– maintien à domicile des personnels vulnérables ou ayant des personnes vulnérables dans leur entourage

– pas de double mission (avec en gros le principe : enseignants maintenus à domicile s’occupent des élèves restés à domicile, enseignants à l’école s’occupent des élèves à l’école)

Personnel ayant garde d’enfant

Le SNES a rappelé une nouvelle fois à l’AEFE l’angoisse supplémentaire qu’entraînerait l’annonce d’une réouverture partielle lorsque les enfants de ces agents restent en enseignement à distance. Le cas par cas ne suffit pas, le SNES demande une réponse plus précise et plus cadrée. Le DRH répond que ces situations sont traitées avec bienveillance par les chefs d’établissement et la DRH. Le Directeur précise qu’un message dans ce sens sera adressé aux chefs d’établissement mais il considère qu’il ne faut pas oublier le contexte général.

 

3.     Examens et organisation de la fin de l’année

Oral de français

Comme en France, le SNES demande l’annulation de cette épreuve.

Bac – français : maintien de l’oral – SNES

 

LES LYCÉES FRANÇAIS D’ESPAGNE PLUS QUE JAMAIS DÉTERMINÉS À FAIRE RECULER LE GOUVERNEMENT !

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Rassemblement devant l’Ambassade de France à Madrid vendredi 24 janvier

LE GOUVERNEMENT N’EN A PAS FINI AVEC LA CONTESTATION !

Aujourd’hui, alors que les grévistes des transports sont allés au bout de leurs possibilités avec 30, 40 ou 50 jours sans salaire, le mouvement continue, plus fort et enthousiaste que jamais ! Vendredi 24 janvier, des centaines de milliers de femmes et d’hommes étaient en grève et en manifestations,  encore un succès ! Ceux qui se battent depuis près de deux mois ne sont pas près de se taire. Les grévistes redoublent d’inventivité pour alerter sur leurs conditions de travail et interpeller le chef de l’État : avocats, médecins et personnels des hôpitaux, professeurs, danseurs de l’Opéra de Paris, salariés de Radio France… toutes et tous ne cessent de danser, chanter, jeter leurs habits ou leurs outils de travail. Et le jusqu’au-boutisme du gouvernement alimente l’exaspération de plus en plus de salariés du public comme du privé.

Le mouvement des gilets jaunes avait déjà montré que la colère était profonde dans le monde des petites entreprises, chez les femmes précaires, les artisans et les retraités. La mobilisation de ces dernières semaines touche des couches encore plus larges de la population, puisqu’elle a été très forte dans les transports, mais aussi l’Éducation nationale, la culture, la justice et les hôpitaux. Sans aucun doute, cette exaspération couve aussi parmi ceux qui n’ont pas encore bougé. Elle s’est accumulée pendant des années de reculs ininterrompus : salaires, précarité, conditions de travail, droit du travail, services publics…

Ces deux derniers mois, nous avons donc fait sauter la chape de plomb du fatalisme et de la résignation !

Nous avons prouvé que, malgré les tentatives de divisions, les mensonges et toutes les pressions à « la prise d’otage », nous sommes capables de nous unir pour nous faire respecter. La colère et la défiance s’enracinent, la communication gouvernementale ne trompe plus grand monde. Dans tous les secteurs, la contestation se prolonge, ce qui exaspère au plus haut point Macron, Philippe et leur microcosme. Il va falloir qu’ils s’habituent !

La propagande visant à nous expliquer à nouveau que ce projet est « juste et simple » se heurte à une opinion publique qui voit bien qu’il s’agit de nous faire travailler plus longtemps pour des pensions plus basses. En difficulté, le gouvernement multiplie les tentatives de faire diversion ou encore, pour l’Éducation, des promesses de « compensation » salariale qui sont très loin du compte et s’accompagnent d’une volonté de dénaturer nos métiers en alourdissant encore notre charge de travail, alors qu’ils souffrent déjà d’un manque d’attractivité inquiétant.

De nombreuses initiatives se tiennent partout, en France et dans le monde : grèves, manifestations, rassemblements, actions symboliques… Les revendications sont désormais plus larges : il faut augmenter les salaires dans le privé et dans le public, mettre en œuvre immédiatement l’égalité salariale et professionnelle entre les femmes et les hommes. Il faut développer l’emploi stable, mettre fin à la précarité particulièrement de la jeunesse et prendre en compte les années d’étude.

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Manifestation à Perpignan jeudi 16 janvier

Mais c’est une question de rapport de force, de répartition des richesses. Pour cela, il faut la fin des exonérations patronales, la réorientation des crédits d’impôts aux entreprises vers le régime des retraites, une fiscalité plus juste, une véritable lutte contre la fraude et l’évasion fiscale…

C’est pourquoi un très large front syndical CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, MNL, UNEF, UNL et FIDL appelle à réunir des assemblées générales pour continuer et amplifier encore la mobilisation afin d’obtenir le retrait de ce projet et l’ouverture de véritables négociations.

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Rassemblement devant l’Ambassade de France à Madrid vendredi 24 janvier

Nous appelons l’ensemble du monde du travail et la jeunesse à poursuivre et renforcer la mobilisation ! Nous appelons à des actions de grève, de convergences interprofessionnelles sur tout le territoire, « Retraites aux flambeaux » et toutes autres initiatives.

Dans le réseau des lycée français d’Espagne, nous sommes déterminés à montrer par nos actions que nous sommes partie prenante de ce mouvement historique !

Les enseignants du secondaire encore massivement mobilisés dans le réseau Espagne le vendredi 24 janvier, sixième journée de grève depuis le 5 décembre :

Lycée français Pierre-Deschamps d’Alicante : 87% des résidents

Lycée français de Barcelone : 61% des résidents, 80% des TNR, 3 collègues de droit local

Lycée français de Bilbao: 28,5% des résidents

Lycée français de Madrid : 50% des résidents, 5 collègues de droit local

Lycée français de Malaga : 36% des résidents

Lycée français de Valence : 43% des résidents, 1 collègue de droit local

Blanquer

 

Face à l’entêtement du gouvernement, la détermination des enseignants des lycées français d’Espagne !

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Les professeurs du lycée français de Barcelone ont manifesté à Perpignan mardi 14 et jeudi 16 janvier !

 

LES PERSONNELS PAS DUPES DE LA FAUSSE CONCESSION SUR L’ÂGE PIVOT !

Samedi dernier, alors que plusieurs centaines de milliers de personnes manifestaient leur opposition à la réforme, le premier ministre a annoncé une vraie fausse disparition (provisoire !) du fameux âge pivot.

Selon Édouard Philippe lui-même, cet « âge pivot », rebaptisé « âge d’équilibre », sera conservé pour tous ceux qui partiront en retraite après 2027. Son annonce ne concerne donc que ceux qui partiront entre 2022 et 2027… et elle est en plus sous condition : les syndicats et le MEDEF doivent trouver un autre moyen de financement, sans faire payer les entreprises évidemment… sans quoi l’âge pivot sera réintroduit, même pour ces générations-là…

Ce que les médias présentent comme un signe d’ouverture est donc un enfumage assez grossier ! Pour éviter la démolition des retraites, il faut purement et simplement le retrait du projet. Comment accepter un nouveau système qui, sous prétexte de justice sociale, réduira les pensions de 20 ou 30 % et nous forcera à retarder notre départ à la retraite ?

Mauvaise foi, vagues promesses, mensonges et confusion : voici comment la majorité espère faire passer la pilule. Ils promettent aux enseignants, sans rire, une revalorisation salariale étalée sur près de vingt ans (sic) et sans budget précis pour le moment… en contrepartie, dès la rentrée prochaine, d’une augmentation du temps de travail ! Ils promettent aussi un minimum de 1000 euros de pension pour une carrière complète et osent le présenter comme le comble du progrès pour les femmes et les plus précaires. 1000 euros, après toute une vie de travail ! Quel ministre ou quel député vivrait avec cela ?

Quant aux mensonges, leur nombre est illimité. Certains responsables LREM affirment même qu’il serait plus avantageux de calculer la retraite sur la base de toute la vie professionnelle que sur les 25 meilleures années ou les six derniers mois !

Ce sont ceux-là qui nous demandent aujourd’hui, les yeux dans les yeux, de leur « faire confiance » !

Alors ceux qui continuent de demander le retrait total du projet de réforme ont raison !

Que les dirigeants de la CFDT ou de l’UNSA marchent désormais ouvertement avec le gouvernement et le MEDEF n’y change rien. Ces mêmes confédérations syndicales accompagnent tous les reculs depuis des années en se flattant d’éviter le pire… Déjà en 1995, la CFDT avait pris parti pour le « plan Juppé », qui avait été ensuite abandonné sous la pression de la grève.

CEUX QUI EXIGENT LE RETRAIT DU PROJET ONT RAISON !

Aujourd’hui encore, et dans les semaines et les mois qui viennent, notre mobilisation est la seule chose qui comptera ! Tous ceux qui se sont engagés dans ce mouvement de grève ont compris que la seule chose qui compte, c’est le rapport de force.

Ce mouvement est déjà une immense victoire sur la résignation dans laquelle on voudrait nous enfermer, par les mensonges, la stratégie du pourrissement, ou encore à coups de matraque et de LBD.

Avec cette mobilisation qui continue, nous sommes bien plus forts qu’hier, et les combats ne manquent pas ! Chaque action, chaque jour de grève et de mobilisation est une petite victoire pour nous et une défaite pour Macron et son gouvernement. Alors, il faut tout faire pour que les nouvelles échéances prévues soient réussies !

 

Lycée français de Barcelone

56% des résidents + 6 enseignants en contrat local en grève mardi 14 janvier

66% des résidents + 8 enseignants en contrat local en grève jeudi 16 janvier

Lycée français de Madrid

63% des résidents + 5 enseignants en contrat local en grève sur trois jours (14, 15, 16 janvier)

9 JANVIER : ENCORE DES GRÈVES MASSIVES DANS LES LYCÉES FRANÇAIS D’ESPAGNE CONTRE LE PROJET DE RÉFORME DES RETRAITES !

Une lettre adressée à M. l’Ambassadeur de France en Espagne a été déposée ce matin à Madrid au nom des sections « Espagne » de la FSU : SNUipp pour les enseignants du primaire et SNES pour le secondaire.

 

Lettre Ambassadeur 9-jan SNUipp SNES

 

Les enseignants du secondaire massivement en grève dans le réseau Espagne ce 9 janvier, cinquième journée de grève depuis le 5 décembre :

Lycée français Pierre-Deschamps d’Alicante : 67% des résidents

Lycée français de Madrid : 76% des résidents

Lycée français de Malaga : 40% des résidents

Lycée français de Valence : 46% des résidents et 5 collègues de droit local

17 DÉCEMBRE : POURQUOI LES LYCÉES FRANÇAIS D’ESPAGNE SONT ENCORE MASSIVEMENT EN GRÈVE !

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EN FRANCE COMME À l’ÉTRANGER, CONTINUONS LE MOUVEMENT JUSQU’AU RETRAIT DE LA RÉFORME !

Chez les salariés du public et du privé, et en particulier dans le monde enseignant, la réforme des retraites fait l’unanimité contre elle : si le gouvernement en doutait, les grèves et les manifestations massives de ce 17 décembre en témoignent une fois de plus de façon éclatante !

Cette contestation a déjà forcé le gouvernement à changer de ton et… Jean-Paul Delevoye à démissionner ! Mais surtout, aujourd’hui, tout le monde voit bien que le bras de fer est engagé et qu’il est possible de faire reculer le gouvernement et de lui faire retirer son projet !

L’objectif de la réforme est simple : nous faire travailler plus longtemps et baisser le montant des pensions. Pour cela, le gouvernement d’Édouard Philippe a plusieurs tours dans son sac :

  • L’âge d’équilibre à 64 ans

Qui parmi les salariés du privé ou du public se voit travailler jusqu’à 64 ans ? Sur les chaînes de montage des usines, dans les pôles logistiques des grands sites de vente sur Internet, au volant des taxis low-cost, des bus, des trains, dans les rayons des supermarchés, dans les hôpitaux et les maisons de retraites, ou dans les salles de classe ? Et pourquoi se tuer au travail, alors que les jeunes sont au chômage et subissent de plus en plus l’intérim et la précarité ? Drôle de vision du progrès social !

  • Le mode de calcul des futures retraites : l’ensemble de la carrière

Le pire, c’est encore le mode de calcul des futures retraites. Prendre en compte toute la carrière, et non plus les 25 meilleures années dans le privé et les 6 derniers mois dans le public, c’est assurer à tous les salariés une baisse mécanique de leurs pensions !

C’est donc le cœur de la réforme qu’il faut rejeter et sur lequel il n’y a rien à négocier !

Depuis quelques jours, le gouvernement a un sacré culot quand il prétend faire une réforme pour les plus précaires et pour les femmes en particulier, parce qu’il prendrait en compte toutes les heures cotisées. Rien ne l’empêcherait de le faire en gardant le système actuel. Tous les ministres et députés de la majorité se présentent maintenant comme les défenseurs de la veuve et de l’orphelin, eux qui ont supprimé l’impôt sur la fortune, refusent d’augmenter le SMIC, ont cassé encore plus le code du travail et généralisé la précarité, eux qui viennent même de baisser les APL et de démolir les droits au chômage des plus précaires.

Tous ces ministres qui, comme Jean-Paul Delevoye, cumulent salaires et retraites de plusieurs milliers d’euros, se vantent aujourd’hui d’assurer un minimum de retraite de 1000 € pour des salariés ayant travaillé toute leur vie… Savent-ils seulement comment on vit avec 1000 € par mois ?

Le Premier ministre Édouard Philippe a osé baptiser sa réforme « solidarité entre les générations » ! La leçon de solidarité et de justice, elle est donnée par tous ceux qui sont en grève et se battent aujourd’hui, quels que soient leur statut et leur âge, pour le retrait de cette réforme !

 

Philippe Blanquer Delevoye

Les retraites : un prétexte de plus pour attaquer le métier de professeur

Quant au Ministre de l’Éducation Nationale, après deux grèves majoritaires dans le second degré, il confirme que la revalorisation des personnels n’est pas son principal objectif : il conçoit la réforme des retraites comme une opportunité pour redéfinir le métier enseignant : alourdissement des tâches, allongement du temps de travail, c’est un projet qu’il a déjà évoqué à plusieurs reprises, tout comme le président de la République dans son discours de Rodez… C’est faire bien peu de cas du mal-être qui s’exprime de manière visible et très vive depuis plusieurs mois dans l’Éducation nationale. Dans ce contexte, les déclarations sur le bien-être au travail sonnent comme un nouveau signe de mépris.

Les enseignants du secondaire massivement en grève dans le réseau Espagne ce 17 décembre, quatrième journée de grève depuis le 5 décembre :

Lycée français Pierre-Deschamps d’Alicante : 50% des résidents

Lycée français de Barcelone : 55% des résidents

Lycée français de Bilbao : 50% des résidents

Lycée français de Madrid : 77% des résidents et 8 collègues de droit local

Lycée français de Malaga : 46 % des résidents

Lycée français de Valence : 71% des résidents et 4 collègues de droit local

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5 DÉCEMBRE : DES TAUX DE GRÉVISTES HISTORIQUES DANS LES LYCÉES FRANÇAIS D’ESPAGNE !

  • Contre le projet de réforme des retraites !

  • Pour la défense du service public d’éducation et de ses missions, en France comme à l’étranger !

 

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Les enseignants du secondaire massivement en grève dans le réseau Espagne :

Lycée français Pierre-Deschamps d’Alicante : 88 % des résidents

Lycée français de Barcelone : 88 % des résidents et 15 collègues de droit local

Lycée français de Bilbao : 100% des résidents

Lycée français de Madrid : 92% des résidents et 12 collègues de droit local

Lycée français de Malaga : 75 % des résidents

Lycée français de Valence : 94 % des résidents et 10 collègues de droit local

EN FRANCE COMME À l’ÉTRANGER, CONTINUONS LE MOUVEMENT POUR FAIRE RECULER MACRON ET SON GOUVERNEMENT ! 

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TOUS EN GRÈVE LE 5 DÉCEMBRE CONTRE LE PROJET DE RÉFORME DES RETRAITES !

(AFP PHOTO / Martin BUREAU)

UNE ATTAQUE CONTRE LES RETRAITÉS D’AUJOURD’HUI ET DE DEMAIN

La réforme des retraites se ferait, selon Macron et son gouvernement, au nom de la justice… Comme si aligner les pensions de tous sur celle des retraités les plus pauvres pouvait être un progrès pour qui que ce soit. Il prétend lutter contre les inégalités de traitement en s’en prenant aux régimes spéciaux, en particulier aux fonctionnaires, cheminots… Mais, loin de venir en aide aux retraités les moins bien lotis, sa réforme réduira les droits de tous, en particulier ceux des enseignants.

DEUX CHANGEMENTS MAJEURS…

  • Prise en compte de toute la carrière pour le calcul, et non plus des 6 derniers mois (c’est-à-dire les meilleurs salaires de toute sa carrière)
  • Système individuel par points qui fait dépendre le montant des pensions du gouvernement en place : on accumule des points tout au long de sa carrière, mais la valeur du point (1 point = … €) peut changer selon la conjoncture économique, par décision du gouvernement. Par exemple, si l’espérance de vie s’allonge, si le chômage augmente (donc moins de cotisants), si la croissance économique ralentit … la valeur du point baissera pour maintenir l’équilibre financier.

 … ET LEURS CONSÉQUENCES

  • Baisse du montant des pensions de 300 à 800 € par mois pour les enseignants

Nos salaires de début de carrière sont faibles et si le calcul des points prend en compte les primes, nous n’en profitons pas vu que nous n’avons quasiment pas de primes, hormis les heures supplémentaires et indemnités de professeur principal.

  • Allongement de l’âge de la retraite

L’âge officiel de la retraite reste à 62 ans, mais actuellement il faut déjà 43 années de cotisation pour avoir une retraite à taux plein. Avec le nouveau système, il faudra travailler encore plus longtemps pour accumuler des points afin de limiter la casse – la baisse de son niveau de vie.

LA SITUATION ACTUELLE DÉJÀ LOIN D’ÊTRE ENVIABLE

  • Déjà, des millions de femmes et d’hommes touchent des pensions misérables, inférieures ou à peine supérieures à 1 000 euros par mois. Les femmes et tous ceux qui ont eu des carrières discontinues en sont les premières victimes. Et les agents de catégorie C de la fonction publique territoriale, les agents de services hospitaliers et les aides-soignantes, avec leur retraite complète de fonctionnaires, ne touchent qu’à peine plus de 1 000 euros.
  • Les enseignants, en particulier ceux du primaire, sont parmi les plus mal payés d’Europe. Notre pouvoir d’achat est en baisse continue, depuis des années de blocage généralisé des salaires. Plus largement, le monde de l’école est en crise profonde : elle ne tient que grâce à la conscience professionnelle des agents. Tous dénoncent l’aggravation des conditions de travail et l’épuisement des enseignants qui, de plus en plus seuls, doivent faire face au quotidien à tous les maux de la société. Au lieu de répondre aux besoins des personnels et des élèves, le gouvernement continue de diminuer les moyens, augmente le recours à la précarité. Il faut un certain culot pour nous présenter comme des privilégiés !

(JACQUES DEMARTHON / AFP)

IL FAUT FAIRE RECULER MACRON ET SON GOUVERNEMENT ! 

  • Retrait du projet Macron-Philippe de réforme des retraites
  •  Augmentation des salaires et des retraites

L’attaque du gouvernement Macron-Philippe contre les droits des retraités d’aujourd’hui et de demain s’inscrit dans une offensive plus générale. L’État s’en prend à tout ce que les générations précédentes avaient acquis : le droit du travail, les allocations-chômage, les hôpitaux et la santé publique, les écoles des quartiers populaires…  Sans vergogne, Macron et ses ministres mènent aussi depuis plusieurs semaines une campagne odieuse sur le thème de l’immigration, qui ne peut qu’entretenir les préjugés racistes et xénophobes. Tout cela ne vise qu’à faire diversion face à la montée du mécontentement social, à diviser les salariés pour éviter qu’ils ne réagissent tous ensemble. Mais cela témoigne aussi de leur crainte de voir la colère se transformer en un mouvement social de grande ampleur. À nous de leur montrer qu’ils ont raison de le craindre !

Un « nouvel élan » pour les lycées français à l’étranger ?

Quel « nouvel élan » ?

La rentrée de septembre 2019 est marquée par les annonces du gouvernement pour le développement du réseau, et la publication d’un plan : « Développer l’enseignement français à l’étranger : un nouvel élan ». Les ministres des Affaires étrangères Jean-Yves le Drian et de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer ont annoncé, lors d’une conférence de presse le 3 octobre dernier, ce qu’ils présentent comme les éléments de ce « nouvel élan » :

  • 1000 détachements supplémentaires d’enseignements titulaires dans le réseau
  • Hausse de 25M€ du budget de l’AEFE à partir de 2020
  • Retour au taux antérieur de la participation financière complémentaire des familles à 6%

Après des années marquées par des suppressions massives de postes, des coupes budgétaires, des menaces sur l’existence même de l’opérateur public AEFE, que penser de ces annonces ? D’abord, qu’elles sont sans aucun doute le produit des mobilisations massives des personnels des établissements et des familles qui y scolarisent leurs enfants. La multiplication des actions engagées par nous tous ces dernières années, en particulier en Espagne, ont montré aux pouvoirs publics l’attachement de tous les Français et francophiles de l’étranger à ce réseau, qu’on ne peut pas attaquer sans susciter aussitôt les réactions les plus vives. Dans ce sens, il faut se réjouir de ce retour en arrière du gouvernement, dont nous pouvons être fiers !

 

Un « nouvel élan »… seulement pour les investisseurs privés

Mais présenter ces mesures, en grande pompe, comme un « un nouvel élan pour l’enseignement français à l’étranger », est une mauvaise plaisanterie… !

La dotation supplémentaire de 25M€ pour l’AEFE ne compense pas l’annulation de crédit de 33M€ de l’été 2017. En effet, les conséquences du plan d’économie déroulé sans état d’âme par l’AEFE suite à l’annulation de 2017 sont irréversibles. On ne peut que sourire de l’annonce du retour au niveau de 2016 de la participation des familles aux frais de scolarité puisque cela était déjà prévu et acté par l’AEFE depuis plusieurs années !

L’augmentation du nombre de détachements (+ 1000) de titulaires sur dix ans n’est évidemment pas plus à la hauteur de l’ambition affichée du plan de doublement des élèves en une décennie. De plus, ils seront donnés aux établissements totalement privés. Rappelons qu’aujourd’hui, par l’assouplissement de la procédure d’homologation, il est possible d’ouvrir un établissement français sans aucun enseignant titulaire du Ministère de l’Éducation nationale !

Le développement de ces établissements dits « partenaires », totalement privés, est en fait le véritable objectif de cette pseudo-réforme : c’est bien aux investisseurs privés, français ou étrangers, que l’on offre le marché de l’éducation, en leur proposant même un accompagnement tout inclus, avec l’argent public !

 

Un « nouvel élan » pour le réseau Espagne ?

Il est clair que le plan du gouvernement ne prévoit pas le moindre effort pour les lycées français d’Espagne, peut-être même le contraire : Olivier Brochet, directeur de l’AEFE, nous disait il y a quelques mois sa volonté de « redéployer » des postes de résidents du réseau Espagne vers les zones moins dotées en titulaires. L’idée paraît juste et généreuse, vue de Paris, elle a pourtant de quoi faire sourire : elle a déjà beaucoup servi, pour justifier beaucoup de fermetures, mais on attend toujours les ouvertures de postes en Amérique latine ou ailleurs dans le monde… Face à cet argument du « redéploiement », nous répondons par le besoin d’apaisement et de stabilité dans un réseau qui a été très durement touché et affaibli ces dernières années, par des fermetures quasi systématiques de supports de résidents et d’EEMCP2.

Que l’Agence rouvre où elle le souhaite les plus de 500 postes fermés en deux ans, mais qu’elle cesse d’en fermer en Espagne !